Le funk est une forme de musique afro-américaine apparue à la fin des années 1960, et qui s'est développée au cours des années 1970 et 1980. Le terme funk provient de l'argot anglo-américain funky, qui signifie littéralement « puant », « qui sent la sueur », reproche traditionnellement adressé aux Noirs par les WASP racistes, et repris ensuite à leur compte par les artistes noirs. Issu principalement de la soul et du jazz, le funk se caractérise par la prédominance de la section rythmique (guitare, basse, batterie) qui joue des motifs syncopés, la présence fréquente de cuivres sur des ponctuations rythmiques (riffs) ou bien des solos, et de manière générale, par la grande place accordée aux instruments. Avec son concept développé à la fin des années 1960, « The One » (c'est-à-dire l'appui rythmique sur le premier temps), James Brown, au carrefour du gospel, du rhythm and blues, de la soul et du rock, synthétisant toute la musique noire américaine du XXe siècle, peut être considéré comme l'inventeur du funk, notamment avec son titre Sex Machine. Contrairement à la soul traditionnelle qui privilégie le format « chanson » et le tandem chanteur-producteur, un morceau funk est une œuvre collective, construite sur un groove extensible et modulable à volonté qui permet aux vocalistes et instrumentistes d'intervenir à parts égales. L'histoire de la Soul La soul (« âme » en anglais) est une musique populaire afro-américaine née à la fin des années 1950 et dérivée du gospel et du blues. Elle est considérée par certains comme un retour du rhythm and blues aux racines dont il est issu : le gospel (musique d’église).Le terme soul apparaît pour la première fois dans les titres de deux albums de Ray Charles en 1961. Le développement de la soul music a été stimulé par deux tendances principales : l'urbanisation du rhythm and blues et la sécularisation du gospel. Des artistes comme Ray Charles, Sam Cooke, Otis Redding ont mélangé leur passion pour le gospel avec les rythmes saccadés du rhythm and blues pour donner naissance à la soul. On retrouve donc dans la soul une partie de l’émotion sacrée mêlée à des thèmes profanes, souvent à forte connotation sexuelle. À la fin des années 1950, la volonté de proposer au public blanc des artistes noirs originaux conduit plusieurs labels à rechercher des versions commercialisables de la musique noire. Les deux labels les plus influents sont alors Stax (près de Memphis) et la Tamla Motown à Detroit. On les oppose souvent et l’on parle alors de southern soul (Stax) plus proche des racines et de northern soul, plus dansante et plus influencée par la pop. De même en terme de management, Motown ( dont le slogan "la musique de la jeune Amérique" épouse les volontés d'émancipation de l'époque ) est le premier label fondé et dirigé par un noir américain, le redoutable Berry Gordy. À l'inverse Stax est fondé par un blanc Jim Stewart, et nombre de ses plus fameux musiciens de séance sont blancs eux aussi (Steve Cropper, Duck Dunn, Tom Dowd...). La soul explose véritablement dans les années 1960. Alors que dans un style plus classique s'impose le son du studio Muscle Shoals de Dan Penn et Spooner Oldham ( Aretha Franklin, Etta James, Wilson Pickett...), James Brown (« The Godfather of Soul ») et Curtis Mayfield introduisent des rythmes plus syncopés et donnent alors une nouvelle orientation à cette musique . C'est la création du funk, un style inséparable de la soul, qui atteindra son apogée dans les années 1970-1980 avec des groupes comme The JB's (les musiciens de James Brown), Sly and the Family Stone, Tower of Power, suivis par Bootsy Collins et George Clinton avec leurs formations déjantées (Parliament et Funkadelic : le P-Funk ! Un son beaucoup plus axé sur les basses et les "beats" : les prémisses de la nu soul ?). En 1966, les latinos de New York inventent la latin soul, également appelée boogaloo. Durant les années 1970, de très bons disques sont produits et deviendront des classiques du genre (notamment le fameux What’s going on de Marvin Gaye et Songs In The Key Of Life de Stevie Wonder), mais la soul décline dans la seconde partie de la décennie, les ventes de disque étant alors dominées par le disco. À la fin des années 1970 et au début des années 1980, de nouveaux artistes renouvellent le genre, à l'image de Michael Jackson avec Off the Wall, Barry White ou Luther Vandross. Ils popularisent définitivement la soul. Un peu plus tard, le rap en samplant allègrement les standards des années 60 et 70 contribuera à une nouvelle popularité de la soul music. Certains groupes iront plus loin et fusionneront soul et rap pour donner naissance au new jack swing, devenu R&B/Hip-Hop, puis enfin à la nu soul dans la seconde partie des années 90 (fusion d'instrumentations organiques mais typées hip-hop et de textes et vocalises toujours dans l'esprit soul). D'Angelo, Erykah Badu, Maxwell et Omar, seraient à l'origine de ce mouvement.